jeudi 20 juin 2019

La Marque, notre bien commun

La rédaction du  Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Marque  est sur le point de s'achever, après 9 ans de réunions et de travaux préparatoires. C'est loin d'être un document anodin, puisqu'il a pour but la protection de cette rivière, de ses eaux, de ses berges, et aussi de ses riverains contre les inondations.
Ce SAGE donnera lieu en septembre-octobre à une enquête publique.
Wasquehal en Transition se félicite de la conclusion de ces travaux, mais souhaite alerter les élus et l'opinion pour améliorer ce document, qui est encore insuffisant sur plusieurs aspects importants.
D'où le courrier que notre association a adressé aux élus de la commune de Wasquehal, dans laquelle, ce mois-ci, une pollution significative a eu lieu.


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à Madame Stéphanie Ducret
Maire de Wasquehal, Conseillère Régionale
Madame la Maire,

Le Conseil Municipal aura prochainement à émettre un avis sur le Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SAGE) Marque Deûle, qui, après 9 ans de travaux, a été arrêté et sera soumis à enquête publique.

C'est un enjeu important pour la qualité de l'eau, pour l'approvisionnement de la population en eau potable de qualité, au travers de la recharge de la nappe des calcaires carbonifères de Roubaix-Tourcoing. C'est important aussi pour la biodiversité, et pour la prévention des inondations .

Nous savons désormais que l'adaptation au changement climatique en cours doit nous amener à la fois à envisager un risque accru d'inondations à certaines périodes , et à anticiper en même temps le risque de sécheresse et de diminution de nos réserves en eau potable, ces deux enjeux n'étant qu'en apparence contradictoires.

En tant qu'association d'intérêt général centrée sur l'environnement, nous sommes satisfaits de voir le SAGE en voie d' achèvement. Cependant, nous voudrions attirer votre attention et celle du Conseil Municipal sur des questions importantes soulevées par l'avis que la  Mission Régionale d'Autorité Environnementale (MRAE) a réalisé à ce sujet .

Sur ces questions, il nous semble en effet que des compléments substantiels du SAGE doivent être réalisés. Par exemple :

" Le SAGE n’émet aucune disposition ni règle concernant les pollutions diffuses par les nitrates et les phytosanitaires, essentiellement d’origine agricole, alors que plusieurs masses d’eau sont en mauvais état du fait de ces pollutions. Il ne prend donc pas en compte le programme de mesures
associé au SDAGE qui demande de prévoir des mesures pour limiter les traitements phytosanitaires.


Dans le domaine de l’assainissement non collectif, le SAGE n’a pas défini de zones à enjeu environnemental, qui permettent de prioriser la mise aux normes des dispositifs d’assainissement qui impactent le plus les cours d’eau.

L’autorité environnementale recommande de compléter le SAGE sur ces deux points pour le rendre compatible avec le SDAGE et contribuer à l’objectif de bon état des masses d’eau. Les dispositions pour sécuriser la ressource en eau doivent être approfondies."

La pollution récente des eaux de la Marque constatée à  Wasquehal et jusqu'à la Deûle illustre l'importance d'une vigilance accrue par rapport à toutes les pollutions.

Le rapport s'exprime aussi sur la nécessaire protection des zones humides, dont la cartographie est lacunaire, comme dans le PLU arrêté, d'ailleurs  :

"Les zones humides constituent un enjeu majeur de ce territoire pour lutter contre les risques d’inondation et de sécheresse. Mais, sans que la méthodologie n’ait été présentée dans le dossier, les zones humides cartographiées le sont en nombre limité et les dispositions prises pour les préserver restent à développer. De même, aucune mesure visant la limitation de l’imperméabilisation des sols n’est prévue a minima dans les zones à fort aléa d’inondation."

Ceci concerne entre autres secteurs la zone du Sentier des Lauriers à Wasquehal. Par ailleurs, il est moins coûteux et plus efficace  pour les collectivités de limiter l'imperméabilisation et l'artificialisation des sols, de protéger les zones humides, que de construire de coûteux dispositifs de bassins d'orages, comme cela est prévu entre la rue de Marcq et la Marque.

Nous ne doutons pas que vous serez sensible à ces points, en tant que Maire et responsable à ce titre à la fois de la sécurité des biens et des personnes sur la commune, comme en tant que responsable de la salubrité.

Nous avons noté l'expression publique de votre intérêt pour les questions écologiques, et nous ne doutons pas que vous-même comme l'ensemble du Conseil, agirez pour la traduction concrète des différentes recommandations de la MRAE visant avant tout à la protection de notre bien commun : l'eau.

Veuillez agréer, Madame la Maire, l'expression de notre attachement à la défense de l'intérêt général.



Bernard DE VEYLDER, Président