vendredi 28 septembre 2018

Le groupe scolaire du centre et l'Art Déco à Wasquehal





Groupe Lefebvre-Malfait . Crédit photo : B. DE VEYLDER


crédit photo :

Dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine, notre association a organisé deux visites autour du groupe scolaire du Centre et de l'Art déco à Wasquehal.

Crédits photo : Ministère de la Culture


Le groupe scolaire du centre, aujourd'hui baptisé "Lefebvre-Malfait", fait l'objet d'une demande de protection au titre du patrimoine à l'initiative de notre association, en raison de ses qualités architecturales, ainsi que des matériaux utilisés, pour la plupart conservés en bon état, et de ses alignements de tilleuls.



Historique 

Suite au développement de son industrie (Filatures du Nord, produits chimiques Saint Gobain…), la commune de Wasquehal connaît, entre 1900 et les années 30 du vingtième siècle un doublement de sa population (1901 : 5969, 1936 : 12167, source INSEE).

Grâce à la loi Loucheur, de nombreuses habitations se construisent, notamment à l'ouest du village initial, sur des terres agricoles et sur une briqueterie. C'est ainsi que se développent la cité Saint Gobain, la cité HBM des Chalets, les rues de la Poste – actuellement rue Charles Preux-, Nungesser, Delerue, le quartier du Sart, commun avec l'ancienne commune de Flers-lez-Lille…


Il faut, pour cette nouvelle population, des équipements publics répondant à leurs besoins. Les écoles publiques du centre, école de garçons rue Jean Macé et école de filles au Noir Bonnet, sont à la fois vétustes et trop petites.

Le Conseil Municipal envisage donc de construire une nouvelle école, plus adaptée aux besoins de l'époque, sur de vastes terrains encore non bâtis. La décision est prise dès 1929. Des plans sont réalisés par l'architecte wasquehalien Henry Montaigne dès le 29 septembre 1930.

La proximité avec le stade municipal, construit sur les plans du même architecte et aujourd'hui détruit, hélas, est justifiée pour favoriser le développement physique des enfants.

C'est sans compter sur la résistance des propriétaires fonciers qui refusent de vendre ces terres agricoles. La mairie doit se résoudre à les exproprier, non sans chicane à propos du prix de cette expropriation .
Le Conseil Général et le Ministère rechignent à apporter leur contribution. Le maire de l'époque, dans un courrier de 1933 au Ministre de l'Instruction Publique, évoque pour justifier l'urgence de ces financements la nécessité de faire la classe aux élèves « dans des locaux de fortune, salles de café et pièces d'habitations »...

C'est seulement en 1936 que les travaux sont réalisés en vue de la rentrée d'octobre 1936 , après notification des financements par l'État et le département.

Sous l'impulsion du maire Henri Destailleur, républicain de gauche, c'est en fait un véritable nouveau centre-ville qui s'édifie autour de cette école publique , car le choix est fait de faire précéder cette école d'un jardin public sur lequel sera déplacé le monument aux morts édifié en 1923.

Le groupe scolaire et le parc public s'étendent sur plus d'un hectare et demi (17936 m²) .

Le groupe scolaire est, quant à lui, composé à l'origine d'une école maternelle, une école de garçons avec six classes, une école de filles avec six classes. L'école dispose de trois grandes cours arborées et d'un restaurant scolaire. Le chauffage central y est installé. De part et d'autre de l'école, deux logements de fonction de bonne proportion sont installés. Il faut, dès 1937, construire deux nouvelles classes pour les garçons, en créant un étage, ce que l'architecte avait d'ailleurs anticipé dans son projet initial.

Les conceptions hygiénistes de l'époque sont à l'oeuvre .
Les locaux conçus sont spacieux (63m2 au sol), hauts de plafond (4m), disposant de couloirs larges (4m), décorés de carreaux de faïences aux motifs géométriques.
Il s'agit de fournir au moins 6 m³ d'espace par élève sur la base réglementaire à l'époque d'un maximum de 40 élèves. Les éclairages naturels sont abondants.

La mise en valeur de l'ensemble, par le jardin public qui le précède, et par l'installation du monument aux morts de la commune, manifeste, dans le contexte de l'époque, sans aucun doute, de la part de la municipalité, une volonté de suprématie de l'école publique laïque et républicaine, en concurrence avec l' école Saint Edmond qui lui fait face, rue Delerue, inaugurée le 14 octobre 1928 par l'évêque auxiliaire de Lille, Monseigneur Jansoone dans ce quartier en plein développement. Il est du moins heureux que cette émulation se soit concrétisée par la réalisation d'un très beau bâtiment public, qui mérite d'être sauvegardé dans le respect de sa conception initiale.

L'inauguration de l'école publique a donné lieu le 13 juin 1936 à des festivités importantes, coïncidant avec le 75e anniversaire de la Fanfare-Harmonie municipale, en présence de représentants de l'État et du Conseil Général.

L'école a, après la guerre, pris le nom de Pierre Lefebvre, ancien élève de l'école, résistant tombé au cours de l'engagement contre les troupes allemandes en fuite, non loin, au quartier du Haut Vinage, le 3 septembre 1944.

Éléments sommaires sur l'architecture

Quel bâtiment privé devenu célèbre évoque le style de ce bâtiment public ? L'immeuble Mallet-Stevens de Croix.
L'architecte Henry Montaigne, a choisi de construire ce groupe scolaire en s'inspirant fortement du style art déco, en vogue à l'époque, en béton paré d'un revêtement de briques de parement rouges. (cf photo) La façade du groupe est agrémentée d'un portique, ainsi (est-ce à la demande de la municipalité?) d'une tour au sommet de laquelle se trouve une horloge à quatre cadrans.
Les carrelages constituent des motifs géométriques : W de Wasquehal ou cocottes en papier.


Cet élément fait penser à au moins un autre groupe scolaire de même époque : le groupe scolaire Louis Pasteur de Lyon et d'autres bâtiments art -déco .



L'ensemble est élégant, atypique dans l'agglomération, et mis en valeur par le jardin public qui le précède.

Qu'est-ce que l'Art déco ? (voir la fiche Wikipedia)

L'Art déco est un mouvement artistique né au cours des années 1910 et qui a pris son plein épanouissement au cours des années 1920 avant de décliner à partir des années 1930. C'est le premier mouvement architecture-décoration de nature mondiale.
Le style Art déco tire son nom de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tint à Paris en 1925, et dont l'architecte Mallet-Stevens est une référence française.
« Art déco » est l'abréviation de « Arts décoratifs », et concerne l'architecture, plus spécialement l'architecture intérieure avec ses tapisseries, vitraux, peintures et sculptures ornementales, son ébénisterie, l'emploi de la céramique, de l'orfèvrerie. Le design qui débute sur les grandes séries d'équipement de l'habitat et des bureaux peut y être associé, ainsi que la mode vestimentaire et la typographie des signalisations et des réclames affichées et les enseignes.
Le style Art déco prend son essor avant la Première Guerre mondiale contre les volutes et formes organiques de l'Art nouveau. Il consiste en un retour à la rigueur classique : symétrie, ordres classiques (souvent très stylisés), pierre de taille (sans aucun effet pittoresque). Le décor, en général encore très présent, n'a plus la liberté des années 1900 ; il est sévèrement encadré par ses créateurs et son dessin s'inspire de la géométrisation cubiste.
Ordre, couleur et géométrie : l'essentiel du vocabulaire Art déco est posé.







Identifions les éléments « art-déco » du groupe scolaire :
- les formes géométriques,
- les portes du groupe scolaire,
- les dessins des carrelages (photos), qui, à l'école maternelle, prennent la forme, dans les couloirs, sols et murs, de cocottes en papier, et, à l'école primaire du W de Wasquehal .
- les accès par escalier rue de la Poste (rue Charles Preux) et rue des Chalets…



D'autres bâtiments Art Déco et/ou construits par Henry Montaigne :







crédit photos :B.DE VEYLDER
Prenons la rue Delerue, qui ne précède que de quelques années l'école, pour aller vers l'Avenue de Flandre, le « Grand Boulevard » inauguré, lui, en 1909.
La maison du Maire Destailleur :
La maison (signée par Henry Montaigne) de Madame Liagre :


La maison de Monsieur Delcambre, à côté :


Avenue de la Liberté :

n°23 : maison de Madame et Monsieur Chevalier (anciennement M. Decocq): c'est une très belle maiso avec des intérieurs somptueusement réalisés, et en parfait état.









Avenue de la Victoire :
Maison de Monsieur Lefebvre (1936), réalisée pour un lillois, sans doute passionné de golf. Le Golf du Sart a en effet été créé en 1910, et a été remanié pour avoir 18 trous en 1935, sur les terrains du Comte de Waziers.


B. DE VEYLDER

Sources : archives municipales et départementales, « Une histoire de Wasquehal » d'Émile Vignoble, Wikipedia.
Crédits photo : tous les crédits photo sont de l'auteur, sauf l'affiche du ministère de la Culture

mardi 4 septembre 2018

Wasquehal en Transition au Forum des Associations

Tout ce que vous pourrez trouver sur notre stand au Forum
 

Wasquehal en Transition présentera une partie de ses futures activités :
-
fiche d'inscription pour l' atelier cosmétiques prévu le 13 octobre au matin
- documentation sur le "Repair'café" que nous voulons monter,
- mais aussi de nouvelles brochures de l'ADEME qui peuvent vous intéresser :