lundi 6 août 2018

Quelques remarques sur un projet immobilier en centre-ville

La municipalité a mis à la disposition du public, pour observations et éventuelles contestations, le permis de construire d'un ensemble de logements à construire sur les anciens jardins familiaux en surplomb de la branche de Croix.



Lors de l'enquête publique portant révision du PLU (l'espace concerné était occupé par des jardins familiaux) , nous avions exprimé de fortes réserves.
Nous n'avions finalement pas fait une opposition de principe à ce projet en considérant qu'il valait mieux construire en centre-ville (avec la proximité de moyens de transports alternatifs à la voiture - métro et vélo-) qu'en extension urbaine, mais  fait un certain nombre de propositions pour rendre si possible ce projet de construction exemplaire tant dans la gestion paysagère que dans la gestion des eaux pluviales et des déplacements.

Nous constatons à notre grand regret que, pour l'essentiel, le projet présenté est très décevant un point de vue environnemental et contradictoire avec les orientations du Projet d' Aménagement et de Développement Durable voté récemment par la Métropole, alors que le contexte actuel de désordre climatique et de forte dégradation de la biodiversité devrait plus que jamais inciter à mettre ces préoccupations au cœur des politiques d'urbanisme .

Voici les remarques et propositions que nous avons transmises à la municipalité par rapport à ce projet.


Remarques et propositions concernant la  construction de 80 logements collectifs rue Jean Macé- branche de Croix

1. Dès la notice présentant l'environnement du projet, le contresens est manifeste, et il est lourd de conséquences :

- « Le site : une impasse »? Non, une voie verte cyclable.











Le site accordé par la municipalité est en effet voisin d'une voie verte cyclable fléchée qui va vers Villeneuve d'Ascq (Flers Breucq) et le centre de Croix.

C'est un atout qui pourrait être valorisé auprès des futurs habitants. 

 

Que deviendra cette voie verte durant les travaux ?

Proposition 1. Si elle devait être fermée provisoirement pour leur réalisation, nous souhaitons que cette fermeture soit la plus brève possible, et qu'une contrainte de temps soit exprimée tant par la MEL que par la Municipalité.

- «Le site : des berges inertes » ? C'est un peu court !












Il est fort dommage qu'aucune étude sérieuse n'ait été menée pour prendre en compte la richesse en arbres de taille adulte, aux arbustes (noisetiers, notamment) , capables de fournir ombrage et fraîcheur non seulement au usagers de la voie cyclable, mais aussi aux futurs habitants, au  moment où chacun prend conscience de l'importance des arbres pour combattre les îlots de chaleur urbains. Ces plantations ont aussi un intérêt dans l'absorption des eaux pluviales (voir plus bas). Il s'agit d'un patrimoine naturel que les orientations actuelles (charte de l'environnement, loi biodiversité, et , localement, PADD) incite à protéger.

Au lieu de quoi, le projet prévoit de supprimer cette butte en débutant la construction à peu près au niveau du chemin.
Par conséquent, on s'apprête à supprimer 100 % d'un espace vert, dont une partie pourrait être sauvegardée car utile et agréable pour les futurs habitants du projet, pour recréer un ersatz d'espace vert (les 30 % exigés par le PLU), avec quelques jeunes arbres qui ne pourront aucunement rendre le service de la vingtaine d'arbres adultes et des arbustes qu'on s'apprête à détruire !



Proposition 2 . Quitte à construire moins de logements (mais on peut concevoir des stationnements en sous-sol, ce qui permettrait de regagner de la surface de plancher) , il est de l'intérêt général de préserver la butte boisée, et de construire les logements au-dessus de la butte.

2. La gestion des eaux pluviales :

Même si le site n'est pas directement concerné par le Plan de Protection contre le risque Inondation, la proximité avec la zone concernée et la hauteur de la nappe phréatique doivent inciter à respecter au maximum le règlement du PLU sur l'infiltration à la parcelle.
C'est d' autant plus nécessaire que le terrain sera en pente et entraînerait, en cas d'orages importants (à prévoir dans le cadre du réchauffement climatique) des ruissellements importants.

Le projet argue de la composition du sol (imperméable) pour déroger au principe d'infiltration à la parcelle. C'est pourtant possible.

Proposition 3. Afin de favoriser l'infiltration à la parcelle, mais aussi pour recréer de la biodiversité, on peut mettre en place des toitures terrasses végétales, qui peuvent devenir des jardins suspendus. Ce n'est peut-être pas une tradition locale, mais c'est très utile, et les architectes peuvent faire preuve d'innovation pour valoriser cette installation.
Crédit Photo : Leclaire59












Proposition 4. Il conviendrait de vérifier si, sur les aires de stationnement, un revêtement à biodiversité positive peut être installé ( voir travaux communs de l'Université catholique de Lille et de NORPAC). À défaut, l'usage de bio-bitume serait en tout cas plus écologique et bien moins toxique que les revêtements actuellement prévus .

3. L'impact sur la circulation automobile dans le centre.

Cette question est incidente par rapport au permis de construire. Sans changement des habitudes de déplacement, malgré la proximité du métro et des transports publics, et malgré l'existence de voies cyclables à proximité (dont les anciens chemins de halage!), il est à craindre que ces nouveaux logements induisent des difficultés de circulation la rue Jean Macé.

Proposition 5. Nous réitérons notre proposition d'installation d'une station Citiz-Lilas Autopartage à proximité du site, d'une aire de co-voiturage et d'une large information sur les modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle, y compris sur les nombreux services accessibles à pieds et à vélo (écoles, collège, commerces).

Proposition 6. Nous proposons qu'une large publicité soit faite sur les logements sociaux disponibles auprès des personnels des entreprises et services publics situés à Wasquehal, afin de contribuer à la réduction des déplacements domicile-travail, et, par conséquent, à l'usage de modes de transport alternatifs à la voiture.

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