mercredi 28 mars 2018

Notre voeu sur le Plan Local d'Urbanisme

Ce jeudi, le Conseil Municipal aura à se prononcer sur le Plan Local d'Urbanisme intercommunal.
Notre association a pour objet de sensibiliser, d'informer et d'agir sur la commune de Wasquehal et ses environs pour défendre l'environnement.

C'est pourquoi elle se sent concernée par ce PLUi  à plusieurs égards :

- Ce PLU contribue-t-il à sauvegarder la biodiversité?
- Contribue-t-il à préserver le climat?
- À diminuer la pollution de l'air, de l'eau et de la terre?

Nous avons donc rédigé à l'attention des élus le voeu suivant : 

Plan Local d'Urbanisme Intercommunal
Vœu de Wasquehal en Transition

La révision du Plan Local d'Urbanisme intercommunal (PLUi) devrait être l'occasion pour la MEL et les communes d'affirmer un projet d'urbanisme portant l'intérêt général et s'impose face aux intérêts particuliers qui peuvent entraîner, par absence de vigilance, le mitage du territoire et des atteintes graves à la biodiversité, à la qualité de vie collective.

En l'état actuel, il nous semble que le projet arrêté est décevant pour l'agglomération et pour notre commune, au regard des aspirations exprimées dans des centaines de contributions faites dans la concertation préalable, dont la nôtre, et en dépit des nouvelles orientations fixées par les lois récentes ( Grenelle de l'environnement, loi ALUR, loi sur la biodiversité…).

Wasquehal en Transition (WeT) a réalisé, il y a déjà un an, une contribution sur le PLUi, dont la principale traduction concrète actuelle est la réalisation d'un Inventaire communal du Patrimoine Architectural et Paysager. Cependant, au-delà de ces contributions, nous regrettons que la période de concertation préalable n'ait pas été mise à profit pour construire dans notre commune un consentement collectif sur les orientations en matière d'urbanisme.



La Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités (MRES), dont WeT est membre, a transmis à la MEL une contribution collective regroupant de nombreuses associations .

Nous constatons à regret qu'à notre avis le PLUi, à la fois dans sa dimension communale qu'intercommunale, achoppe au moins à trois égards :

1. l'attractivité, ce sont le cadre de vie et les paysages.
L’ « attractivité » de notre commune comme de la MEL passe notamment par le développement des espaces de nature, l’amélioration du cadre de vie et la préservation des terres agricoles, même en milieu urbain. C’est la préoccupation principale exprimée par les métropolitain-e-s lors de la concertation préalable.
C'est pourquoi nous regrettons que le compromis proposé sur l'aménagement des abords du Sentier du Laurier (OAP du Laurier) sacrifie inutilement 4,5 hectares de bonnes terres agricoles marquant la séparation entre la ville et la trame verte que constitue le Sentier .
Concernant ces champs , l'intérêt métropolitain et l'intérêt communal, faisant fi des velléités spéculatives, pourraient se conjuguer autour du projet d'un Jardin de Cocagne, alliant préservation d'un paysage, protection de la biodiversité, maintien d'une activité agricole et action d'insertion en faveur du versant Nord-Est.


2. Le nouveau PLUi ne protège pas suffisamment la santé des métropolitain-e-s :
Nous devons décider maintenant si et comment nous pourrons dépasser les crises écologiques à venir. Doivent absolument être mieux et davantage préservés dans le PLU les ressources indispensables à la vie :
- la qualité de l’air que nous respirons (et l’exposition des habitants et des futurs habitants à la pollution atmosphérique et au bruit),
-l’eau que nous buvons (et les choix qui sont faits sur les champs captants pour préserver une ressource en eau déjà trop rare et de qualité médiocre sur notre territoire),
- la biodiversité, indispensable à notre santé, à l’agriculture et l’alimentation,.
La préservation de l’air, de l’eau et de la biodiversité est un impératif de santé publique de notre territoire déjà très fragilisé (voir les indices atmo de la qualité de l'air)
C'est une raison de plus pour préserver, à Wasquehal, des espaces végétalisés non bâtis, mais aussi, pour faire en sorte :
- que les nouveaux bâtiments implantés sur la commune, de préférence en renouvellement, sur friches et dents creuses, incluent systématiquement petits espaces verts, toitures et murs végétalisés, voire jardins potagers en terrasse (recherche du « coefficient de biotope par surface » -CBS- le plus élevé possible)  ; nous demandons à nos élus d'être vigilants sur ce point (en particulier pour la future opération « Pasteur », et pour les opérations de rénovation à venir).
- qu'un plan ambitieux de plantation d'arbres soit mis en œuvre, en résorbant les « ilots de chaleur » observés (Grand Cottignies, Nord-Capreau, par exemple).


3. Il néglige l’enjeu de la facture « carbone » du territoire (déplacements et logements)
- Les déplacements d'abord : L'usage excessif de véhicules à moteur essence ou diésel, engendré par nos choix passés, pollue gravement, mais contribue aussi à alourdir la facture énergétique ( coût de plus de 3 milliards d'euros pour la MEL).
À Wasquehal, la situation est critique, puisque notre commune est, aux heures de pointe, régulièrement congestionnée par les voitures, et l'espace public est, dans certains quartiers, saturé de voitures, y compris sur les trottoirs. Il y a urgence à proposer, sur la commune, un plan ambitieux de développement des modes de déplacements alternatifs – de l'école au travail- et à développer un urbanisme (commercial notamment) qui favorise les déplacements doux (à pieds ou à vélo).

- Le logement : Alors que des villes comme Poitiers ou Strasbourg sont entrés de plain-pied dans la transition énergétique en améliorant les exigences réglementaires et que les émissions de gaz à effet de serre par les bâtiments représentent 40 % du total des émissions métropolitaines de CO2, le PLU métropolitain ne définit aucun secteur de performances énergétiques renforcées et se satisfait d’une réglementation thermique moins-disante.
- 15% des ménages métropolitains sont confrontés à la précarité énergétique, cette précarité touche notre commune (secteur du Capreau-Nord…) et nous avons un certain nombre de passoires thermiques datant des années 70 (Haut Vinage...).
- Environ 6000 logements wasquehaliens construits avant l'existence de réglementations thermiques doivent être sérieusement réhabilités, en aidant davantage et plus efficacement leurs propriétaires et bailleurs. C'est d'ailleurs une action dans laquelle, au-delà de la MEL, la commune peut s'impliquer, comme le font à divers niveaux des communes voisines.
La lutte contre ce fléau social et sanitaire doit pouvoir s’appuyer sur les outils du PLUi.  


En résumé, nous plaidons, tant au niveau communal qu'au niveau communautaire, en faveur de :
  • plutôt que des seuls grands espaces de nature, la pleine prise en compte, la préservation et la liaison entre elles de toutes les trames vertes et bleues existantes, comme le sont les abords du sentier du Laurier et les berges de la Marque, en particulier dans les espaces urbains en déficit d'espaces verts publics comme le nôtre ,
  • l’inscription dans le règlement du PLUi de mesures ambitieuses en faveur de la protection de l’eau, de l’air, de la biodiversité et, ce faisant, de la santé des métropolitains,
  • la définition d’exigences en termes de performances énergétiques des bâtiments , ainsi que de la promotion des mobilités douces.

Nous appelons les élu-e-s de la commune à se faire l'écho de ces sérieuses réserves et de ces propositions sur le projet de PLUi, en tenant mieux compte des observations des habitants qui se sont exprimés massivement en faveur de la préservation et de la reconquête de notre environnement.

Pour l'avenir, nous exprimons le vœu que se mette en place, pour notre commune, un Atelier Public d'Urbanisme ouvert à tous, qui puisse faciliter la compréhension par tous des enjeux d'urbanisme. Nos rencontres avec des étudiants en fin d'étude de l'École d'Architecture de Lille nous font penser que leurs regards neufs sur la ville , leurs travaux pourraient enrichir la réflexion de tous.

Cela peut être l'occasion, par exemple, d'une réflexion commune partagée sur l'avenir de la friche de l'ancienne usine d'incinération, du côté de la branche de Croix, avec l'aide du Service des Espaces Naturels Métropolitains .

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