mardi 7 mars 2017

CONSTRUIRE et AMÉNAGER AUTREMENT

Annexe à la contribution de Wasquehal en Transition

Nous nous sommes attachés à valoriser, dans les contributions précédentes, notre patrimoine architectural et paysager, la nécessité de recréer des espaces verts et de maintenir les quelques parcelles agricoles qui subsistent dans notre commune.

Nous ne sommes naturellement pas opposés à ce que des constructions nouvelles soient réalisées, sous réserve qu'elles soient faites sur une partie des friches commerciales et industrielles ou en renouvellement urbain .

Autant nous sommes attachés au respect du patrimoine architectural et paysager, autant il nous
semble qu'en matière de constructions urbaines ou de renouvellement urbain, nous devons mettre en
oeuvre d'autres conceptions, et, sans doute aussi, ne pas craindre une certaine audace architecturale :
l'immeuble, la rue ou le quartier du XXIème siècle ne peuvent être à l'imitation des standards
architecturaux du XXème siècle.

Verdir !


Nous avons déjà signalé le manque d'espaces verts dans notre commune. Nous pensons qu'on peut,
dans les constructions et opérations de renouvellement à venir compenser partiellement ces
manques en verdissant constructions et aménagements, et en répondant ainsi aux enjeux du climat
et de la biodiversité .
Il s'agit d'y intégrer :
- un coefficient de biodiversité élevé ( par des toitures terrasses végétalisées, des aires de
stationnement végétalisées, l'intégration dès le départ du projet d'espaces verts et jardins
partagés…) ;
- un « frontage » éloignant les logements de la voirie, ce qui permet un meilleur ensoleillement, et
une végétalisation des espaces non bâtis, mais le cas échéant aussi des façades ;
- le choix d'une bonne densité, pour économiser les espaces imperméabilisés, par exemple en
préférant maisons de ville et petits immeubles à l'habitat pavillonnaire, dévoreur d'espaces et
inadapté pour une commune en coeur d'agglomération.
- de larges trottoirs qui peuvent eux aussi faire l'objet d'une végétalisation partielle, complétée
ultérieurement à l'initiative des habitants (grâce au « permis de végétaliser »).

- des bandes et pistes cyclables dès l'origine du projet (en évitant les aberrations du clos Saint
Nicolas!).
- en bordure de rivières ou de plans d'eau, des aménagements respectueux des ripisylves (végétation
naturelle des berges) et excluant toute imperméabilisation (ou « bétonnisation », comme on
voudra!) des rives.

La Métropole de Strasbourg a adopté, en décembre 2016, un Plan Local d'Urbanisme qui donne sur
ces sujets de nombreuses pistes intéressantes pour notre Métropole et notre commune

Une piste intéressante pour de nouvelles constructions: la toiture végétalisée

La toiture végétalisée, dans une ville très « minérale » et imperméabilisée, présente l'intérêt d'avoir
un excellent coefficient de biodiversité. C'est une technique très ancienne qui a été redécouverte en
Europe il y a plusieurs décennies. Même si, techniquement, elle suppose une parfaite étanchéité et
suppose un bon savoir-faire de l'entreprise, elle présente de nombreux avantages :
• La fixation des poussières atmosphériques et des pollens. En effet, ce qu'on appelle
l'« évapotranstiration » des terrasses plantées élève l'humidité de l’air et favorise donc la
formation de rosée, indispensable à la fixation des poussières et des pollens en suspension
dans l’air. Les particules de plomb, de carbone, les matières organiques particulaires ou de
faible densité sont fixées dans le substrat ou nourrissent les bactéries, plantes et insectes qui
s’y développent. Ainsi, tout en étant affectées par la pollution, ces terrasses peuvent aussi
contribuer à dépolluer l'air urbain.
• Une augmentation de la superficie disponible en espace de nature sauvage ou non, accessible
ou non, mais aussi le cas échéant en espace de loisirs, ce qui soulagera les milieux naturels
surfréquentés, tout en diminuant le trafic et ses nuisances.
• Des effets bénéfiques sur le climat, les microclimats, l’hygrométrie, et donc sur la santé et le
bien-être des habitants.
• De nombreux effets bénéfiques sur la biodiversité . Une partie de la vie sauvage retrouve des
habitats de substitution, et des équilibres naturels se recréent.
• Une certaine faune associé trouve ainsi des îlots où sa survie est possible. On peut
également associer un rucher à la toiture végétalisée, ce qui permet notamment la
réintroduction des abeilles en ville, indispensables à la pollinisation de certains végétaux.
• La reconstitution partielle d'un maillage écologique et parfois de corridors écologiques , qui
autorisent au sein de la ville la circulation des espèces animales et végétales, les flux de
gènes indispensables à la survie des espèces et à leur adaptation au milieu.
• Un impact très positif sur l’eau avec une filtration et une épuration biologique des eaux de
pluies, par exemple, des métaux lourds .
• Une régulation des débits hydriques, surtout dans un secteur, comme Wasquehal, où le
risque « inondation » subsiste, . Les toitures représentent jusqu'à 20 % des surfaces de nos
villes. Les eaux de pluies qui tombent sur les toits sont ensuite acheminées vers les égouts
pluviaux. Ceci surcharge les égouts et les stations d'épuration d'eau tout en causant parfois
des inondations de sous-sols. À l’image d’une éponge, la toiture végétalisée accumule l’eau
dont une partie est utilisée par les plantes, une autre est évaporée et une autre évacuée par les
canalisations avec un retard favorisant le bon écoulement. Annuellement, un toit végétal
pourrait absorber jusqu'à 50 % de la quantité d'eau tombant sur les toits, permettant ainsi une
réduction des coûts de traitement de l'eau de 5 à 10 %.
• Les villes sont toujours plus chaudes que les campagnes . Le réchauffement excessif des
toitures, du béton, de l'asphalte des rues et de la maçonnerie extérieure des murs réchauffe
l'air environnant de quelques degrés supplémentaires.
Selon une étude du Ministère canadien de l'Environnement, la présence de toitures vertes sur
seulement 6 % des toits des villes canadiennes ferait descendre la température d'environ
1,5 °C .


Par ailleurs, la toiture végétalisée est un excellent isolant phonique et thermique.
En métropole, un certain nombre de bâtiments (Collège Marie Curie à Tourcoing…) ont déjà des
toitures végétalisées. Des villes les prévoient aussi dans leurs PLU (Paris, Grenoble, Strasbourg…)
Dans une ville comme Wasquehal, qui doit absolument réguler les débits d'eaux pluviales en rapport
avec le risque « inondation », les nouveaux projets d'habitats, comme de nouveaux bâtiments
publics, auraient tout avantage à utiliser cette technique très ancienne et éprouvée.

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