mercredi 22 juin 2016

Prévenir les inondations : à Wasquehal aussi

Notre agglomération a été marquée par des épisodes de pluies exceptionnelles pour un mois de mai, et par des inondations consécutives.

Et Wasquehal?


Notre commune a été, heureusement, épargnée.

Pour autant, celles et ceux qui achètent un immeuble dans la commune sont avisés que celle-ci n'est pas à l'abri d'inondations. Les dernières ont eu lieu en 1991. La nappe phréatique affleure, d'où de fréquentes inondations de garages construits imprudemment en souterrains sous l'ère Vignoble, alors que les maisons des années 30 ont été construites sans cave!

La Marque


Bien que sous un régime de plaine, la Marque est connue pour ses inondations. C'est pour cela qu'un Plan de Prévention du Risque Inondation pour la Marque a été réalisé. Il s'inscrit dans une démarche plus vaste de Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SAGE)  Qu'y append-t-on?
Constats faits par le SAGE :
- un territoire où le risque d’inondation est bien présent (ruissellement, débordement des cours d’eau) - on l'a vu en amont, à Mouchin, Cysoing ou Forest-
- changement climatique : une intensification des événements extrêmes à prévoir.

Lors de la dernière réunion du SAGE, a été notamment soulignée la nécessité de maintenir des zones humides (prairies inondables...)
On peut aussi souligner la nécessité de reboiser autour de la Marque et de la Deûle par des espèces ad hoc...
La "trame verte et bleue" préconisée par le Grenelle de l'Environnement et que certains aménageurs proclament à tort et à travers pour en travestir l'esprit-  n'a, dans ce cas, pas qu'une vocation de préservation de la biodiversité, mais aussi une vocation préventive.

On peut  éviter de déclarer constructibles des zones trop proches et prévoir des zones inondables en cas de crues dites "centennales", que le changement climatique peut rendre...beaucoup plus fréquentes!(cela peut être des terrains de sport, des jardins publics...).

On peut enfin tenir compte bien plus nettement de ce risque dans les constructions futures. C'est le sens de notre courrier au commissaire enquêteur sur le nouveau projet à côté de la Branche de Croix.

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Wasquehal en transition
12 rue Charles Preux, 59290 – WASQUEHAL
Portable : 0619457747 – courriel : wasquehalentransition@gmail.com
blog : www.wasquehalentransition.blogspot.fr
Construisons ensemble le Wasquehal de DEMAIN !

À l'attention de
Jean-Pierre COMPAGNE,
Monsieur le commissaire enquêteur 
à la Métropole Européenne de Lille
- Affaires juridiques -
Droit de l'Aménagement et de l'Urbanisme -
1 rue du Ballon - CS 50 749 - 59034 Lille cedex.

Objet : Abords du port du Dragon – Rue Jean Macé . Opération d’aménagement à vocation
d’habitat

Monsieur le Commissaire enquêteur,

Nous vous communiquons nos avis sur le projet d'aménagement cité en objet, qui suppose révision du PLU :

1. Remarque générale : prendre en compte l'impact sur l'environnement ( risque inondation)

Le projet est situé à proximité immédiate d'une zone repérée par le Plan de Prévention des Risques Inondation comme en « aléa », autour du « Port du Dragon ».

Les prescriptions prévues pour cette zone sont les suivantes :

« Ces zones sont soumises à un aléa faible à moyen et ont un rôle de stockage des eaux débordées.
Les objectifs pour ces zones sont de :
● préserver leurs capacités de stockage et d'expansion
● ne pas implanter de nouvelles activités ou de nouveaux logements
réduire la vulnérabilité des enjeux existants » (extrait du PPRI concernant la Marque)
Le projet de révision du PLU ne concerne pas directement la zone, définie par le PPRI de façon très stricte. Toutefois  il peut l'impacter indirectement:
- D'éventuelles constructions nouvelles auraient un impact non négligeable sur la zone concernée, d'une part en raison de l'imperméabilisation des sols et d'autre part en raison d'un apport nouveau en eaux usées .
La solution préconisée par le PPRI pour l'évacuation des eaux pluviales est l'infiltration par le sol :
« L’infiltration fait partie de ces techniques dites alternatives qui contribuent à la prévention des inondations. En effet, les eaux de pluie ne peuvent s’infiltrer sur certains terrains comme les parkings en macadam par exemple. Lors d’événements pluvieux importants, l’imperméabilisation contribue à augmenter les débits vers l’aval et accroît de manière significative le risque d’inondation.
C’est pourquoi LMCU souhaite que, sur tout le territoire communautaire, des techniques d’infiltration soient étudiées quel que soit l’aménagement envisagé. Ces techniques se traduisent par l’installation de matériaux particuliers comme la construction de chaussées réservoir ou à revêtement alvéolaire, qui permettent de stocker et éventuellement d’infiltrer l’eau pluviale selon le revêtement et la structure du terrain , et donc de limiter les débits vers l’aval. » Rapport assainissement 2013- LMCU
- Les nappes phréatiques sont très près du sol dans le centre de Wasquehal, qui constitue le point le plus bas de la commune (18m). C'est ce qui explique l'inondation fréquente de certains garages collectifs en sous-sol à proximité de la Marque.
- L'évolution prévisible du climat peut amener l'intensification des épisodes de pluies telles qu'on les a connues récemment, amenant à la révision du PPRI.
C'est pourquoi, le secteur concerné, très marqué par la présence de l'eau, devrait de préférence être dédié aux parcs et jardins, ce qui renforcerait d'ailleurs l'attractivité de Wasquehal :
Les jardins actuels participent à l'infiltration naturelle de l'eau .Le boisement, aux bords de la branche de Croix, contribue efficacement au pompage naturel de l'eau.
Ce lieu, utilisé pour le jogging ou la promenade, pourrait être mieux aménagé et paysagé, dans le cadre d'une « Promenade des rives de la Marque ».
2. A quelles conditions pourrait-on cependant construire ?
Si, néanmoins, la Métropole Européenne de Lille décidait de rendre constructibles ces terrains en raison notamment d'un besoin important de constructions et pour éviter l'extension urbaine , compte tenu de ce qui précède, nous demandons :
- De mettre en œuvre une gestion optimale des eaux pluviales et de l'eau potable.
Il importe selon nous de ne pas construire en bordure immédiate du bras mort, mais plutôt en milieu de parcelle, en préservant le boisement actuel et le chemin non goudronné, donc non imperméabilisé.
Par ailleurs, on pourrait envisager :
- d'installer des toitures-terrasses végétalisées, ce qui peut à la fois recréer des espaces dédiés à la végétation, au fleurissement, à des jardins partagés, et favoriser, en cas de grosses pluies, un écoulement plus lent des eaux pluviales,
- de récupérer les eaux pluviales pour certains usages domestiques ( chasses d'eau...)
- de planter autour des logements des arbres d'espèces rustiques et locales ;
- d'installer des stationnements végétalisés : « De manière générale, les parkings engazonnés et les stationnements végétalisés, à l'aide de dalles gazon, améliorent la qualité environnementale des aires de vie et s'inscrivent dans une démarche HQE® d'éco-construction au travers des critères suivants:
  • Favoriser l’infiltration naturelle des eaux pluviales et l’approvisionnement des nappes phréatiques
  • Eviter le ruissellement de surface et la saturation des réseaux
  • Conserver les fonctions naturelles du sol de régulation thermique et hydrique
  • Revêtement à biodiversité positive, solution anti-bétonnage qui permet de faire revenir la nature dans les villes, de préserver l’hydro-thermorégulation naturelle des espaces et de contribuer au « piégeage » du CO2
  • Favoriser la végétalisation des surfaces en milieu urbain
  • Contribue au confort visuel et acoustique
  • Produit recyclé et recyclable »
- De veiller à ce que les circulations de véhicules sur la zone s'effectuent à l'arrière de la parcelle (à proximité de la voie ferrée), en maintenant, du côté de la rive de la branche de Croix la butte boisée et en gardant le cheminement piétonnier, actuellement utilisé pour le jogging et la promenade.
Dans cette hypothèse, nous aurions un espace résidentiel tout à fait innovant et attractif, conforme aux prescriptions du PPRI.
Nous vous remercions par avance de l'intérêt que vous porterez à ces observations ,


Bernard DE VEYLDER,
Président
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 NB : si vous aussi, vous souhaitez transmettre des observations au Commissaire Enquêteur, écrivez-lui ou rendez-vous aux prochaines permanences qui seront tenues (voir le site de la Métropole Européenne de Lille)

mardi 14 juin 2016

12 propositions pour d'autres façons de se déplacer.


A l'occasion des réunions organisées par la municipalité sur les questions d'urbanisme, les habitants
se sont très souvent inquiétés de l'impact sur la circulation, voire le stationnement, de ces nouveaux
projets.


Les réalités de terrain montrent en effet qu'à modes de déplacement constants, des difficultés
certaines peuvent survenir dans certains quartiers : bouchons à certaines heures, conflits d'usage sur
le stationnement. Si la volonté de densifier la ville peut se justifier, elle ne peut se faire qu'en
modifiant nos modes de déplacement, non durables.
 

Il serait donc très important que la commune prenne à bras le corps ces questions de déplacements,
en mettant en place un véritable « plan de déplacement communal », qui ne peut se résumer à une
ou deux mesures qui apparaîtront insuffisantes, voire « gadgets », mais doit engager une vraie
transition.
 

C'est aussi l'opportunité pour les habitants de cesser d'être les esclaves de la voiture et de
redécouvrir (ou de découvrir pour les plus jeunes) chaque fois que possible les joies des
déplacements doux, bénéfiques à la santé1. Pourquoi de nombreux pays nordiques, qui connaissent
pourtant des conditions atmosphériques plus difficiles, ont-ils maintenu et développé à nouveau
l'usage du vélo et de la marche à pieds ?


(Note :  Des études scientifiques ont montré récemment la baisse de la capacité respiratoire de nos enfants depuis 30 ans, conséquence de modes de vie sédentaires. )



Des constats, des pistes de solution à approfondir :


Des quartiers anciens, peu adaptés à la circulation et au stationnement automobiles.


Le centre ville, aux Boërs, mais aussi le Capreau, sont des quartiers façonnés au siècle dernier, à un
moment où l'usage de la voiture était moins fréquent.
Les déplacements en voiture peuvent y être plus difficiles, mais aussi et surtout le stationnement :
devant une maison de 1930, on ne peut faire stationner qu'une seule voiture !

Propositions :

1. Nous proposons qu'avec l'aide des services de la Métropole une étude des usages de
déplacement et de stationnement
soit menée quartier par quartier.

2. Là où les stationnements peuvent être tendus, nous proposons que des stationnements
supplémentaires, si possibles végétalisés, soient envisagés, sans supprimer d'espace vert, donc par priorité sur les friches,
ou, comme cela a pu être fait naguère, dans le quartier du Capreau, en
préemptant avec la MEL quelques maisons dont le caractère de grande vétusté serait avéré.

Les déplacements domicile-travail.

Chaque jour ouvrable, la commune de Wasquehal accueille environ 10 300 salariés d'autres
communes, tandis que 6700 wasquehaliens quittent leur commune pour aller au travail. Cela,
pratiquement au même moment, pour l'essentiel entre 7h30 et 8h30.
La part de ces déplacements effectuée en voiture reste très majoritaire, et, comme il y a autant de
femmes que d'hommes qui travaillent, ces facteurs expliquent que 36% des ménages
wasquehaliens disposent de deux véhicules, voire trois, lorsqu'un jeune adulte habite au domicile familial .
On comprend mieux pourquoi il y a des embouteillages aux abords de la commune, voire des
conflits d'usage sur le stationnement dans les secteurs proches des entreprises, comme au Grand
Cottignies.
Certes, la situation géographique de Wasquehal explique en partie ces échanges , mais les
embouteillages sont un élément qui agit contre l'activité économique: si l'accès aux entreprises
devient difficile, alors elles peuvent souhaiter se délocaliser.

Propositions :

La question de la mobilité des salariés doit être traitée dans trois directions:

3. Avec la Métropole, en concertation avec la CCI et les administrations publiques, rendre concrètes sur la commune les actions du Bureau des Temps mis en place pour faciliter la vie et les
déplacements des salariés.

4. Proposer des alternatives au modèle un salarié/une voiture :

- Prendre contact au plus vite avec l'ensemble des entreprises de la ville et les accompagner dans la mise en place de vrais Plans de Déplacements d'entreprise, favorisant des réponses diversifiées en
fonction de la distance domicile-travail et de l'offre disponible en modes de transport, notamment le
co-voiturage;
- Améliorer encore et promouvoir activement, avec la MEL, l'offre de transports en commun (y
compris en agissant auprès de la Région pour l'augmentation du nombre d'arrêts à Croix-
Wasquehal) et la rendre financièrement attractive, notamment par le remboursement des titres de
transport ;
- Encourager les transports doux, y compris par les incitations financières prévues pour les salariés
utilisant un vélo.
- Développer de manière significative dans la commune même le co-voiturage (comme à Marcq en Baroeul, avec des stationnements dédiés) et l'auto-partage, les stations V'Lille...


5. Favoriser le rapprochement les salariés des lieux de travail:

- En augmentant l'offre locative à destination des salariés travaillant dans la commune, dans le
cadre des nouveaux logements sociaux ou dans la gestion des logements vacants...

- A plus long terme, par le développement des activités locales non délocalisables : services aux
particuliers, commerces de proximité, développement des PME et TPE liées à la réhabilitation
thermique des logements, à l'amélioration du cadre de vie, voire retour de maraîchages urbains...

Les autres déplacements :

Les déplacements domicile-commerces et services :

Même si Wasquehal peut s'enorgueillir à juste titre de disposer encore d'un poissonnier, l'offre
actuelle en commerces de proximité, reste encore modeste en Centre Ville et surtout au Capreau.
Les marchés sont encore peu développés, surtout celui du Capreau, qui peine à trouver sa place.
L'Hypermarché Carrefour et ses commerces restent la principale zone commerciale de la ville et
génère un trafic automobile important, qui peut, à certains moments, contribuer à l'engorgement des
deux giratoires.

Propositions :

6. Dans le cadre de la révision du Schéma Directeur d'Urbanisme Commercial métropolitain
et des compétences municipales en matière de permis de construire, il convient d'éviter
d'abord l'implantation de nouvelles grandes surfaces commerciales susceptibles de générer des
flux automobiles supplémentaires,
en affichant une priorité claire au renforcement du
commerce de centre ville indépendant, partout mis à mal par des conceptions dépassées (voir les
études du PROCOS et de l'Institut de la Ville et du Commerce).

7. Renforcer les opérations de promotion des commerces de proximité et de marché, en lien
avec les commerçants, dont une opération récompensant les clients se déplaçant à pieds ou à vélo.

8. Installer des arceaux à vélos en centre-ville et au Capreau à proximité des commerces et
services.

Les déplacements vers les écoles

Trop souvent, aux abords des écoles, au démarrage et à la fin des cours, on constate embouteillages,
stationnements anarchiques et conflits d'usages de la voirie et du stationnement avec les riverains.

Nous proposons :

9. Des plans de déplacement d'école (publiques ou privées) encourageant la mise en place (ou le
développement), en concertation avec les associations de parents, de vélobus et de pédibus, en
prenant en compte la nécessité de favoriser l'activité physique des enfants (Note :  Des études scientifiques ont montré récemment la baisse de la capacité respiratoire de nos enfants depuis 30 ans, conséquence de modes de vie sédentaires. ); accessoirement, le covoiturage entre familles plus éloignées des écoles peut également être proposé.


Promouvoir d'autres modes de déplacement dans la ville.


Propositions :

10. Des aires de stationnement pour co-voiturage et voitures partagées : au Grand Cottignies, au
Capreau, au Centre-ville et au Pavé de Lille.



11. Développement et mise en réseau des différentes pistes cyclables dans la ville ; réalisation
d'une « autoroute cyclable » éclairée (éclairage solaire comme à Marcq) au bord du canal de
Roubaix du Capreau au Collège Calmette ; mise en place d'arceaux pour les vélos.




12. Favoriser les cheminements piétonniers, en installant progressivement des trottoirs dans les
secteurs qui en sont démunis, et en combattant l'encombrement des trottoirs par des véhicules mal
garés ou des poubelles, pour permettre le passage des piétons, poussettes et fauteuils roulants